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La partie de cache-cache

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Auteur : Laurent CACHARD

Format 11,5x18,5 cm 156 pages

ISBN : 978 2 917645 10 9

Septembre 2010

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13,27 €

Il ne reste plus que trois enfants dans la partie de cache-cache que Jean a proposée pour son 11e anniversaire. Sans savoir que celle-ci soulèverait bien plus de fantômes qu’on ne peut en rencontrer dans les terres du Berry où elle a lieu. Jean, Grégoire et Emilie font plus que se chercher mutuellement, chacun se trouve. Et c’est bien là le drame.
 
Jean, fils d'un artiste exilé sur les terres du Berry est objet de tension entre ses parents ; Émilie, allergique, asthmatique, adorée par son père mais détestée par sa mère ; Grégoire, plus mûr que les autres parce qu'il doit être assez fort pour s'occuper de sa mère, seule avec le souvenir de l’homme qui l’a quittée. Tous trois à la fois fragiles et solides, perdus dans un passé qu’il ne font que deviner et déjà d’une redoutable maturité.
Trois caractères qui s’affrontent, porteurs du passé de leurs parents, de secrets qu’ils ne déchiffrent qu’à demi et de tous leurs désirs. Dans leur affrontement, c'est un peu plus que l'innocence qui disparaît, c'est une lucidité qui n'épargnera personne.

Dans Tébessa 1956, Laurent Cachard mettait en scène un jeune appelé en Algérie, Gérard, tombé dans une embuscade. Dans un monologue intérieur d’une grande tension, Gérard reconstruit sa vie au milieu d’une guerre dont le sens lui échappe.

Dans La partie de cache-cache, ce sont trois monologues qui se croisent. On y retrouve, plus affiné sans doute encore que dans Tébessa 1956 la sobriété et la précision qui font toute la force du style de l’auteur.

Laurent CACHARD est né et vit à Lyon ; il enseigne le français et la philosophie.

« Jean :

Jouer à cache-cache, c'est aller vers des endroits qu'on fuirait en d'autres temps ; s'adapter aux peurs des autres, deviner les limites qu'ils ne franchiront pas. On devient invisible, introuvable. Dans leurs jeux à eux, il y a du bruit, de la sécurité ; je leur propose l'inverse, les laisse me chercher sur mes terres…


Emilie :
Des années que je me fais désensibiliser la peau chez le dermato, à Bourges ; toutes ces fins d'après-midi à suivre mon père plutôt qu'à jouer avec mes copines. Le court voyage dans la 4L, ses pensées à lui, mes questions à moi, la honte de n'être pas immunisée comme les autres filles, celles de ses copains, des personnes qu'il croise chaque jour dans sa tournée. Il est facteur, tous les jours il a droit aux mêmes questions des gens, et votre fille, ça va mieux, ses problèmes ? Tous les jours, on le renvoie à ça, moi aussi par la même occasion. Et tout ce que j'ai su depuis, qui fait que nos voyages sont des moments de calme, que je ne pourrais pas passer avec ma mère.


Grégoire :
J'ai besoin de trouver Laherte parce que je n'aime pas que les choses me résistent ; si on se laisse dépasser une fois, si on se dit que ce n'est pas grave, on finit par perdre, à chaque fois, sur tous les terrains. Quand je lui aurai mis la main dessus, on fera semblant d'avoir joué mais lui s'en ira avec la honte et moi j'aurai terminé ma dernière partie de cache-cache. J'ai assez à faire pour me faire peur avec des gamins. Quand j'éteins la lumière le soir, que je dis bonne nuit à Maman qui lit dans la pièce à côté, c'est à ce moment que les craintes apparaissent : celles que je ne laisse jamais venir dans la journée. Je les connais : que Maman tombe malade, qu'on nous demande de déménager, qu'elle rencontre un autre homme...»