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L’École au défi du numérique

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Pour une éducation citoyenne

 

Auteurs : François GRANIER, Roland LABREGERE
 
Format 15x21 cm

204 pages

ISBN 978 2 917645 22 2

Septembre 2012

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18,00 €

S’il existe aujourd’hui une opinion partagée, c’est bien celle d’une crise de l’Ecole. Crise des missions, crise de reconnaissance, crise des moyens, crise de gouvernance et depuis peu, crise de recrutement des enseignants. Dans le même temps, la « société de la connaissance », celle de la « culture numérique » s’installe.
 
Cette « société de la connaissance » est un défi pour l’Ecole et la société en devenir. Défi à faire partager les acquis de la culture numérique et à installer les conditions d’une éducation citoyenne pour tous.
 
Mais comment faire pour que cette société des savoirs et des intelligences ne consolide pas, voire n’exagère pas les défauts du système éducatif français ? En effet si celui-ci produit une élite bien formée, sélectionnée, accueillie dans des établissements qui savent amortir les difficultés, il produit aussi des milliers de jeunes qui quittent chaque année leur établissement en situation d’échec scolaire, d’échec social et d’échec moral.
 
Les auteurs font le pari que la « société de la connaissance » est une chance. Elle le sera si parents d’élèves, enseignants, élus locaux et nationaux, s’accordent pour définir les conditions de la reconstruction de l’École en donnant la priorité aux idéaux de démocratie et de justice sociale.
 
Cet ouvrage traverse donc les questions de la refondation de l’École dans une société qui fait de la connaissance l’énergie de son développement. C’est à une réflexion qu’il engage, dans la perspective d’un humanisme pour les temps présents.

François GRANIER est chercheur associé au Laboratoire Interdisciplinaire pour la Sociologie Economique (CNRS - CNAM) il analyse les transformations des institutions publiques françaises sous la double influence des politiques de management néolibérales et des technologies de l’information et de la communication. A publié : L’intervention sociologique (dir. M. Uhalde), Desclée de Brouwer, 2001 ; La facilitation des changements organisationnels (avec J. Bec & J. Singery), L’Harmattan, 2007 ; Les salariés de l’incertitude (dir. M. Uhalde), Octarès.
 
Roland LABREGERE est chercheur en éducation à l’Institut EDUTER d’AGROSUP DIJON. Il observe depuis de nombreuses années les actions éducatives menées au sein des établissements d’enseignement. Il accorde une grande importance à l’éducation et à la transmission de la citoyenneté dans le cadre scolaire. A publié Manager débutant  éd. d’Organisation, 2005 ; Territoires éducatifs. Quand la vie scolaire prend l’initiative L’Harmattan, 2010.

Avant-propos
I - L’école au risque du numérique ?
 
Chapitre I : L’École toujours vivante ?
Chapitre II : Enseigner, un métier qui s’apprend
Chapitre III : Internet et les technologies de l’information : nouvelle langue d’Esope pour l’Ecole ?
 
II - Vers une vie numérique ?
 
Chapitre IV : De la surinformation à la coproduction de savoirs
Chapitre V : Incontournable culture numérique !
Chapitre VI : Le numérique est aussi une affaire de famille
Chapitre VII : Des zones grises du numérique à l’émergence du jeune citoyen
 
III - Pour une société de la connaissance républicaine
 
Chapitre VIII : Une nouvelle dimension de la citoyenneté
Chapitre IX : L’ascenseur social peut-il redémarrer ?
Conclusion
Bibliographie générale & sitographie

« Les conditions d’une société déterminée par une nouvelle relation au savoir sont mises en avant par le Conseil européen tenu à Lisbonne, en mars 2000. La date est symbolique : c’est au tournant du siècle, en même temps que le franchissement d’un nouveau millénaire, que se pose la question de l’orientation et du développement intellectuels des nations européennes. Un nouvel âge s’installe, l’économie tourne définitivement la page de la période industrielle pour valider le choix d’une économie des services fortement adossée à une dimension immatérielle. » (p. 15).
 
« La société de la connaissance, telle qu’elle est appréhendée dans les pages qui suivent s’inscrit dans la continuité de l’école de la République. Les conditions nouvelles faites aux démarches d’apprentissage doivent permettre de renforcer l’équité entre les apprenants. » (p. 16).
 
« Cet ouvrage se donne comme mission d’ouvrir les problématiques de la société de la connaissance aux acteurs de l’éducation et aux familles trop souvent écartées d’une compréhension citoyenne des évolutions et des défis de l’École. Il souhaite aussi aller à la rencontre des élus territoriaux et des responsables des fédérations d’éducation populaire qui sont parties prenantes des politiques éducatives. Le grand public peut y puiser des éléments factuels propres à répondre à des questionnements d’actualité.
Il comprend trois parties.
La première questionne la condition du sujet apprenant et celle des acteurs de l’éducation confrontés à l’irruption de la culture numérique, caractéristique majeure de la société de la connaissance. La deuxième partie analyse les évolutions culturelles qui remettent en cause les repères de la vie familiale et sociale. Enfin, la troisième partie, s’attache à décrypter les ruptures qui fragilisent les systèmes éducatifs et interroge les conditions d’émergence d’une société de la connaissance fidèle à l’idéal de l’école républicaine. » (p. 16-17)
Plus que jamais, l’École dans une société hautement technicisée, fragilisée dans son devenir, incertaine quant à ses choix a besoin de montrer qu’elle n’a pas renoncé aux valeurs de l’humanisme. (p. 197).

Liens-Socio.org, novembre 2012


« François Granier et Roland Labrégère refusent tout prophétisme technologique, qui au nom d’un optimisme aussi béat qu’illusoire, ferait du numérique une solution à tout faire. En effet, les nouvelles technologies supposent de renforcer certains aspects de l’institution scolaire, ainsi la formation des enseignants, qui doit être d’autant plus solide que les TICE modifient le travail de ces personnels. De plus, le numérique ne transformera pas totalement l’école : les systèmes éducatifs sont enracinés dans des logiques historiques, institutionnelles, socio-économiques et culturelles qui sont cohérentes et ne disparaîtront pas de sitôt. Surtout, et les auteurs le rappellent fortement pp.138-140, les nouvelles technologies peuvent avoir des aspects proprement négatifs. Ceux-ci allient gaspillage de temps et d’énergie chez les acteurs éducatifs, usages parfois improductifs - voire contreproductifs, ainsi en matière de maîtrise de l’orthographe -, cyberdépendance, incapacité à maintenir un effort et une concentration continus. Le vaste mouvement de mutations cognitives entraînées par les nouvelles technologies réduit ainsi les capacités d’attention des individus, accroissant la pratique du « copier-coller » et altérant une réflexion personnelle prolongée.
En conclusion (p.168), les auteurs s’appuient sur la réflexion de Michel Serres sur les défis d’une « citoyenneté numérique ». C’est un véritable renversement de perspective qu’ils souhaitent : au lieu de demander simplement à l’école de s’adapter aveuglément aux nouvelles technologies, ils souhaitent au contraire une intégration raisonnée des TICE, au nom de la préservation des valeurs civiques dont l’institution scolaire est porteuse. »

Ismail Ferhat